Challans basket – Ray Reynolds et Barry White disc-jockeys

Si mes souvenirs sont exacts, le premier match salle Vrignaud sans Tom Lee, à l’arrêt suite à un contrôle cardiaque, opposait l’ESM à l’équipe de Tours. L’absence du pivot américain, l’un des meilleurs rebondeurs et marqueurs du club se fit cruellement sentir et malgré un match très disputé devant une salle comble, Challans s’inclina sur sa moquette.

La saison était déjà bien avancée, l’alerte était sérieuse, Tom Lee ne réapparut pas et repartit aux U.S.A où malheureusement, peu d’année après, il décéda.

Tom Lee (à gauche) et William Hetzel à Challans

L’équipe de Tours était en haut du classement et un joueur se faisait particulièrement remarquer. Pivot et Américain comme Tom Lee, il faisait une saison remarquable et n’était pas étranger aux résultats de son équipe.
Pour remplacer notre N° 5 en vue de la saison suivante, les dirigeants Challandais firent des propositions qui décidèrent le joueur à se rapprocher de l’Atlantique. Ray Reynols, 200 et quelques centimètres débarqua à Challans au mois d’août. C’était une « prise » importante et Challans était persuadé d’avoir joué un vilain tour, sans jeu de mot, à Tours qui perdait l’un de ses meilleurs éléments.

Sauf que…

Fin août, je me trouvais pour une consultation dans un hôpital parisien, proche de Roland Garros. Mon épouse devait y subir une opération des ligaments croisés du genou et son père, médecin, l’avait adressée à un chirurgien très connu dans le milieu sportif, le Docteur Lemaire. Le chirurgien, débordé, ne nous reçut qu’après une longue attente et 20 heures étaient largement dépassées lorsque la consultation s’acheva.

Ses premières paroles : « Tiens, vous êtes de Challans ? » et de continuer : « Cet après-midi, j’ai vu un joueur que vient de recruter votre équipe de basket. C’est un mauvais choix, avec un genou comme le sien, sa carrière est terminée ! »

La sentence, venant de cet éminent chirurgien, semblait indiquer que Tours s’était en fait séparé opportunément de son pivot magique et que Challans, ignorant l’état réel du joueur, probablement blessé récemment, s’était fait berner.

Je m’empressais d’aller voir l’un des premiers matchs amicaux qui se jouait à Saint-Gilles. Reynolds portait une genouillère et toute la saison, il joua sur une jambe, n’apportant pas l’impact espéré par l’entraîneur. Le diagnostic du chirurgien était malheureusement prémonitoire.

Garçon charmant, il venait de temps en temps chez moi avec Barry White pour jouer les disc-jockeys dans mon studio, et le casque sur la tête, ils enchaînaient et mixaient les morceaux de musique, assortis de commentaires en américain qui m’échappaient totalement. A l’époque j’enregistrais une bande avec annonces publicitaires, diffusées dans la salle Vrignaud avant le match et pendant la mi-temps. Pour la période d’échauffement, c’est Barry qui choisissait la musique qu’il souhaitait entendre et que j’enregistrais, ce qui expliquait ses passages à la maison, et que Carlos Santana rythmait l’arrivée des spectateurs.

Ray Reynolds, sympathique mais diminué, ne fit qu’une saison à Challans.

Studio fixe de 1973 parfois terrain de jeu de Ray Reynolds et Barry White

© La Maison de l’Histoire, 14 mars 2026 – Erick CROIZÉ