Les multiples vies du Champ de foire de Challans vues par cinq générations

En 1840, l’espace où viennent de s’ouvrir les nouvelles halles de Challans, n’était qu’un terrain vague entouré par des champs et des jardins. Le bourg n’était alors développé que le long de la Grand’Rue et de la rue de la Bonne Fontaine.
Ce vaste espace presque vierge de constructions s’étendait de la place centrale, au sud, (place De Gaulle) à la rue de la Noue au Nord. Il était compris entre la rue de Nantes à l’ouest et de la rue de la Bonne Fontaine à l’Est.

1840

Voici ce qu’aurait pu me raconter mon arrière-arrière-grand-père, Pierre Jean Alphonse Bonnin, né à Soullans, en avril 1830. Il sera boulanger avant d’ouvrir avec sa femme, Elina, née Thibaud à Soullans, un débit de boissons.

« Le second mardi du mois, nous allions parfois à la foire Challans. Je n’avais que 17 ans mais je savais conduire l’attelage familial. Nous arrivions au bourg par le chemin des Soupirs, après avoir traversé le gué du ruisseau du Bois David. Les bêtes proposées à la vente occupaient toute la Grand’rue, jusqu’à la vieille halle au bled, et au-delà même du marché aux volailles qui s’installait après la maison où avait dormi le Roi Louis XIII. Il y avait des marchands jusqu’à la boutique de l’arquebusier Pierre Rabreau, au quartier des auberges ».

1842

Le 26 novembre, un arrêté préfectoral prohibe de tenir les foires sur les routes royales, départementales ou stratégiques de la Vendée. Challans ne peut perdre ces rendez-vous mensuels mais la place des vieilles halles seigneuriales (place De Gaulle) est précisément traversée par trois routes désormais interdites aux bêtes. Le conseil municipal se réunit dès le 17 décembre 1842 pour débattre de la création d’un Champ de foire aussi indispensable qu’obligatoire. Avec un impératif : ne pas s’éloigner des halles, le centre du bourg. Le 6 janvier suivant, une convention est signée avec Monsieur Philippe Aimé Gobin pour la création de ce nouvel équipement.

Mais qui est ce Monsieur Gobin et que vient-il faire dans cette affaire ?

La réponse à cette question est facile à trouver. Il suffit de consulter le plan établi par l’agent voyer, M Rigaudin, au mois de mai 1845 et présenté au maire, Jean-François Leteneur le mois suivant. Les terrains vagues, champs et jardins envisagés pour installer les foires, appartiennent au même propriétaire : Philippe Aimé Gobin ! C’est lui-même qui en a fait la proposition aux élus. On allait pouvoir y délimiter trois places, y tracer des rues, et joindre ce vaste espace aux vieilles halles, par une artère nouvelle qui portera son nom, la rue Gobin. En 1842, on n’y comptait aucune construction, mais les maisons de commerce allaient y pousser comme des champignons. On l’appellera le Quartier-neuf.

Toutes les parcelles marquées en bleu étaient la propriété de Monsieur Gobin. Il les vendra à la ville pour réaliser places et rues, aux particuliers pour construire. L’opération est identique à celle qu’il avait réalisée pour le Champ de foire d’Aizenay.

Les trois parcelles marquées en rose appartenaient à Monsieur Guyot Montorcy. Il offrira à la ville celle du milieu pour un Champ de foire aux chevaux (place Saint-Antoine).

On remarque sur ce plan le tracé des rues qui vont pouvoir être ouvertes. La rue Gobin qui traverse la place du marché et poursuit jusqu’à la rue de Nantes, la rue du Milieu qui la coupe à angle droit (actuellement rue Racine et rue Molière) La rue Montorcy dont la seconde partie deviendra la rue de La Concorde, la rue des Champs (actuellement rue Flandre-Dunkerque) soit, avec la rue des Jardins et la rue de la Noue, cinq traversées d’Ouest en Est et une seule orientée Sud-Nord.

On remarquera que la place du Marché est coupée en deux par la rue Gobin. Dans un premier temps, il n’y a pas de halle prévue. Mais comme la vieille halle existe toujours (place De Gaulle), en construire une seconde n’était pas forcément obligatoire.

Mais, Philippe Aimé Gobin, marchand de biens que l’on qualifierait désormais de promoteur, impose ses choix, et fin 1845, les plans d’une « halle-neuve » sont acceptés. En noir, au sud, les halles du Moyen-Âge, à l’Ouest la première mairie, construite en 1834.

Les signatures de Monsieur Guyot Montorcy et Gobin après l’offre à la ville de deux parcelles pour réaliser le Champ de foire aux chevaux (Place Saint-Antoine)

Mon arrière grand-père, Alphonse Jean-Pierre, est né en 1852, alors que le Quartier-Neuf est juste sorti de terre. Il était né à Soullans, et sera menuisier. Il se mariera à Touvois, avec Noémie Michaud et c’est au-delà du Falleron, qu’il construira son atelier. Son frère cadet, né en 1861, François Eugène Ludovic, choisira le même métier mais s’installera à Challans, au numéro 5 de la rue Gambetta dans une maison achetée à la famille Salmon.

L’atelier de menuiserie de Touvois où posent mon arrière grand-père, son épouse et cinq de leur sept enfants

La femme de Ludovic Bonnin, Estelle Belet aurait pu nous raconter ceci

« Chaque foire, les seconds mardis du mois, nous obligeait à nous lever tôt. Toutes les bêtes proposées à la vente gagnaient le Champ de foire en traversant le bourg dès le jour levé, à la belle saison, et à la nuit noire, en hiver, tout juste éclairé par les lanternes au gaz de pétrole. Les beuglements et les cris de ceux qui les dirigeaient emplissaient l’espace alors que les cages à roulettes, les roues des tombereaux et des charrettes, les fers des chevaux, résonnaient par les rues mal empierrées.

« Pendant la semaine, le Champ de foire vivait au rythme de la scierie Robin, installée proche de la Noue, près du stock de branches et de troncs d’arbres où venaient piocher les sabotiers. A l’été, les paysans qui n’avaient pas suffisamment de place dans leur ferme, se donnaient la main pour venir y battre le blé au fléau. Le dimanche, on y jouait à la boule en bois, aux quilles.

« L’auberge Rigolage, « Au Cheval docile », l’auberge Gaspard Barreteau, l’épicerie-mercerie de la mère Gauthier et l’Hôtel du Couchant, la toute première maison de commerce construite à l’angle du Champ de foire et de la place des halles, complétaient le tour de la place. Tous les terrains vendus par Monsieur Gobin l’étaient avec obligation de construire. Celui-ci avait été vendu 4000 francs. En septembre, tout le bourg étai envahi à l’occasion de la foire des Minées. »

Charroyage des grumes place Saint-Antoine au XIXe – la scierie Douet est toute proche

La rue Montorcy traversait de part en part la place du Champ de foire. Elle accusait ensuite un angle pour s’aligner sur l’avenue de la Gare. Il n’est donc pas étonnant que ces rues soient retenues pour installer les rails du chemin de fer qui devait joindre la gare de Challans à Fromentine. C’était sans compter la pétition des commerçants de la Grand’rue et de la place des Vieilles-halles qui voulaient profiter de l’attractivité commerciale qui en découlerait.

« Comment pouvait-on imaginer faire traverser le Champ de foire par le train pour Fromentine », s’emportait Ludovic Bonnin en signant la pétition. « Les jours de foire, il y a plus de 200 paires de bœufs, sans compter les vaches, les veaux et les moutons !»

Le magasin de Ludovic et Estelle Bonnin, au 5 de la rue Gambetta « Meubles-Literie » – au premier plan les rails du train de Fromentine. A l’étage Joséphine Burgaud, couturière

Si la Grand’rue bénéficiera des passagers qui descendaient à l’arrêt de la Halle au beurre, la place du Champ de foire n’était pas en reste car elle allait vite devenir un lieu de fêtes et d’attractions.

1898

La décision fut prise d’agrandir le Champ de foire. Désormais, il allait jusqu’à la rue de la Noue. C’est sur cette nouvelle partie que des barres seront installées plus tard, pour attacher les animaux, et que l’on construira un quai de chargement.

1919

Le 25 juillet 1919, mon grand-père maternel, Joseph Bonnin, marié à Charlotte Civel, tous deux domiciliés à Touvois en Loire-Inférieure, achètent à Monsieur Charles Pineau, négociant en vin domicilié à Bordeaux, le magasin de teinturerie situé au numéro 35 de la rue de la Bonne Fontaine. Depuis 1900 au moins, Honoré Pineau père, l’exploitait.

Mon grand-père, sévèrement touché à la tête par un éclat d’obus et trépané, avait réalisé son apprentissage de teinturier à Paris, avant d’être mobilisé. Les séquelles de sa blessure lui valaient de fréquents maux de tête et une humeur passagèrement sombre. Ma grand-mère, Charlotte, beaucoup plus affable était, comme sa mère, épicière à Touvois, commerçante dans l’âme.

Par rapport à Touvois, Challans était un gros bourg et le 14 juillet, que l’on fêtait depuis 1889, rassemblait autant de monde, sinon plus, que le pèlerinage de Fréligné. Ma grand-mère appréciait. Elle avait découvert à cette occasion, le cinématographe avec la projection gratuite, sur le mur de la quincaillerie Bailly, d’un grand film muet qui précédait le feu d’artifice, tiré au fond du Champ de foire, lors de la Fête nationale.

Ces réjouissances ne calmaient pas les douleurs de mon grand-père. La médecine y verra les conséquence de son métier, la blessure de guerre ayant déjà été indemnisée ! ( sic) En 1925, il confia alors la teinturerie en gérance à Monsieur Foulonneau, se retira des chaudrons de teinture quelque temps, mais recréa très vite un nouvel atelier, cette fois-ci à Touvois. Au décès accidentel de son gérant, en 1932, il reviendra rue Bonne Fontaine.

La place du Champ de foire par le peintre Gaston Dolbeau (collection privée – Dominique Croizé)

La place du Champ de foire accueillait les grands cirques de passage. Trois d’entre-eux régalent les challandais en 1926 : le Cirque Périer, le Cirque National Corse, et en septembre, le Cirque Pinder.

En 1927, l’Impérator Circus plante son chapiteau sur le Champ de foire. En juin 1934, c’est le Grand Cirque Cassuli en matinée et soirée avec un orchestre tzigane de quinze musiciens, suivi en août par le Cirque Salon et son palais des singes.

Toute la place est nécessaire pour l’installation de ces cirques et leur ménagerie. Le grand Cirque Lamy s’annonce avec « sa princesse noire Zama, Trebla, l’homme aux omoplates d’acier, Bubu, l’homme singe, ex-partenaire de Joséphine Baker et les écuyers mexicains, les Footit Brother’s ». Même l’immense Cirque Amar et ses 16 éléphants plantera, comme Bouglione, ses chapiteaux au cœur de Challans.

Revenons au commerce

En 1923, Gildas Grelier, le président du premier groupement de commerçants, relance la Foire de Mai. Elle se déroulait autour du 8 qui ne sera férié qu’après la Seconde Guerre mondiale et durait trois jours. On y présentait des automobiles, des machines agricoles qu’entraînaient des moteurs thermiques, remplaçant l’homme ou l’animal. Le journaliste Auguste Barrau notera qu’en 1926, à la foire de mai, la valeur totale des voitures exposées se montait à 1 million de francs !

De nouveaux commerçants s’installent sur la place : la forge Renaud-Goupil, la forge Guérineau, deux débits de boissons et l’auberge de Célestine Pontoizeau, le peintre Jean Yvernogeau (père), la scierie de Léon Rabreau et Robin et le maréchal-ferrant Grangé.

Mon grand-père, paternel celui-ci, débarqua à Challans en 1924, reprenant l’épicerie d’Achille Ligneron, qui gardait la propriété des murs. Il y installa l’enseigne des « Magasins Modernes ». Après avoir géré quelques années le même « grand bazar » à Sarrebourg, il revenait s’établir dans sa Vendée natale sur la place du Commerce.

Les « Magasins Modernes » place des petites halles – A l’autre angle, le coutelier Jean Monier

L’année 1924 avait été joyeuse avec le passage très remarqué de « La Cloche », la célèbre troupe comique Nantaise et ses 40 voitures décorées, le Théâtre Chabet qui avait planté son chapiteau place du Champ de foire, suivi de la troupe Coemedia Circus, ses 30 artistes, ses 25 musiciens et ses 20 figurants, eux aussi sous chapiteau. Les challandais avaient également été très impressionnés lors du passage du « Globe-Trotteur », un cinéma géant associant films et attractions.

Deux années plus tard, le Comité des Fêtes, des sociétés challandaises et des particuliers allaient proposer pendant quatre années de formidables fêtes des fleurs avec de nombreux chars décorés défilant dans toute la ville et utilisant au mieux les places et les rues du « quartier neuf » imaginé 75 ans avant. « Personne n’aurait songé a reprocher aux élus d’avoir acheté pour 7500 francs au marchand de biens Gobin, l’espace pour les réaliser, » professait mon grand-père. « Le centre-bourg s’était étendu d’autant et immédiatement peuplé ; l’activité commerciale avait été doublée et les foires et les marchés ne cessaient de progresser ».

En 1935, on aménagea la seconde partie du Champ de foire en installant des barres fixes pour les bêtes à cornes ainsi qu’un quai d’embarquement pour les veaux, à l’identique de celui destiné aux cochons, sur la place Saint-Antoine, près de la bascule publique.

La même année va voir la naissance du premier syndicat d’initiative dont Joël Martel, le sculpteur, accepte la présidence. Mon grand-père, Raoul Croizé est vice-président. Avec le soutien du Comité des fêtes et de la ville, les fêtes vont s’enchaîner.

En 1929, le Comité des fêtes et sa Fête des fleurs va rassembler les foules. Et en 1936, le Syndicat d’Initiative prendra le relais.

Les reines de 1928, habillées par les Galeries Lafayette de Nantes – A droite, Monsieur Initiative en 1936

1937, la place du Champ de foire accueille un grand tournoi de basket et, la même année, une grande fête en l’honneur de Jeanne d’Arc. Organisé par la commune mais confié au Cercle Catholique et à la Société Hippique, le défilé de Jeanne d’Arc en armure, de Charles VII et de Gilles de Rais à cheval, accompagnés de 33 seigneurs, connaîtra son apothéose sur la place du Champ de foire avec des joutes offertes aux 7000 spectateurs. Après la retraite aux flambeaux, un spectacle « radiophonique », composé de neuf tableaux vivants sera présenté sur une scène de 150 m² par 200 figurants !

Le 18 juillet, ce sont les chevaux vapeur qui investissent la place avec le premier gymkhana automobile. La place du Champ de foire va accueillir de nombreuses fois, l’épreuve de gymkhana du Rallye de Vendée organisé par l’écurie des Chouans. Plus tôt, dès 1911, c’étaient des courses de vélos qui se disputaient sur une piste de 400 mètres, aménagée sur le Champ de foire.

Le pilote de la 4 chevaux négocie un virage devant la quincaillerie Bailly avant de pénétrer sur le Champ de foire

En 1938, on fêtera l’arrivée de l’eau courante avec des chars fleuris mais en 1939, la déclaration de guerre signera un arrêt brutal de la vie du bourg. Véhicules et chevaux sont réquisitionnés, les marchands n’investissent plus le Champ de foire. L’Occupation est une longue parenthèse difficile à vivre.

1944 – Les rayons des « Magasins Modernes » sont en partie vides. Raoul Croizé est régulièrement réquisitionné pour surveiller la gare. Mon père, à droite, remplace son frère aîné, en Allemagne pour le service du travail obligatoire. Lui aussi est régulièrement réquisitionné à la construction des défenses de l’Atlantique. Au centre, Juliette, ma grand-mère.

Après l’Occupation et en attendant la fin de la guerre, la vie du bourg reprend

Devant les halles de la place Aristide Briand, de jeunes challandais proposent un spectacle de cirque. Marc Bossis en est à l’origine et le baptise « Grignous Circus »
La foule, sevrée de distraction pendant quatre longues années, est au rendez-vous et rit de bon cœur

Les marchés, les foires vont reprendre doucement, car les cartes de ravitaillement sont toujours en service et beaucoup de choses manquent.

1946 – Carte de rationnement pour le contrôle de l’achat de vêtements et d’articles textiles

Mais il en faut peu pour s’amuser et le Champ de foire va connaître l’époque des bals.

Le tout premier « parquet Raballand » s’installait hors du Champ de foire, près de la place Saint Antoine et de la rue de Bois-de-Céné. C’est Raymond qui tenait l’accordéon.

La concurrence arrivera avec Tabarin à la Noue, alors que le dancing Renaud Goupil a pignon sur rue, place du Champ de foire (actuellement café du Bocage). Les dimanches de bal, on se rassemble aussi autour du tourne-disque du café Saint-Hubert (remplacé par le Crédit Agricole).

On peut aussi danser au Grand-Bois, route de Soullans et y suivre des combats de catch sous son boulodrome couvert
Comme les avions de la Foire des Minées, Challans va s’envoler au cours des Trente Glorieuses
La façade du Cheval d’Or s’ouvrait alors sur la place A. Briand – le café décoré pour la foire des Minées de 1937

La foire des Minées, même si les temps avaient changé, se déroulait toujours sur le Champ de foire et sur la Place Aristide Briand. Les transports avaient évolué et il était possible de s’achalander toute l’année, sans attendre ce rendez-vous de septembre. Elle déclinait.

En 1954, le lancement de la Foire Exposition du Machinisme et du Modernisme Agricole aurait put réhabiliter une partie du Fief des Minées. Les organisateurs pensaient utiliser le stade Sourieau, seul espace encore vierge de construction pour ce nouvel événement. Mais le second mardi du mois tombait le 14, et le championnat de football en décida autrement. Ce furent les terrains de la Noue qui accueillirent cette première foire moderne.

Si la fête foraine trouva sa place sur le même espace, la progression de la nouvelle foire grignota rapidement toute la surface disponible. C’est à nouveau le Champ de foire qui pour plusieurs décennies accueillit les manèges et les baraques de tirs. Le mardi soir, le feu d’artifice était tiré en bordure de la rue de la Noue, parmi les barres d’attache et les bouses de vaches laissées le matin même par le concours d’élevage. Sur ce même lieu et jusqu’en 1939, après un défilé de chars, de musique et de lampions, Léon Bailly, artificier amateur du Comité des fêtes, tirait chaque été le feu d’artifice du 14 juillet.

En 1977, on envisagea une seconde foire, chaque dernier mardi du mois. Pourtant, l’activité principale de ces marchés exceptionnels était en plein déclin.

La foire à la volaille qui se tenait devant la droguerie Breteau avait déjà disparu même si elle restait toujours mentionnée pour attirer les vacanciers, dans le guide de l’office de tourisme. C’est pour la faire revivre que Christophe Traineau et son équipe vont imaginer les jeudis d’autrefois la foire. La foire aux bestiaux, elle, était partie sur le nouveau foirail, de l’autre côté du boulevard Viaud Grand Marais. Le Champ de foire n’était plus investi que par les commerçants non-sédentaires, les jours de marché et les voitures en stationnement, le reste du temps.

Dès que l’idée de remplacer les halles et sa salle des fêtes, à l’étage, fut soulevée, la question se posa. Fallait-il les conserver, rénover la salle de spectacle, et construire de nouvelles halles sur la place du Champ de foire ? L’espace y est important, soulignait un lecteur de Ouest-France, le 6 mars 1980, et si d’aventure, elles devenaient trop petites, la place ne manquerait pas pour les agrandir.

Il y eut effectivement des plans de réalisés pour transformer ces halles construites en 1930 et y intégrer une école de musique. Les halles changèrent, mais sans bouger. Elles n’étaient plus qu’un grand marché couvert, apportant pour la première fois un confort qu’apprécièrent les commerçants et les acheteurs.

Finalement, il fallut attendre 2024 pour que nos halles changent de place, et que le Champ de foire retrouve une vraie dynamique.

Sources : Michel Bonnin – Shenov. Illustrations : collection personnelle ; Dominique Croizé (tableau de Gaston Dolbeau) ;  collections Breteau ; Roby ; Thomas ; Shenov.


© La Maison de l’Histoire – 15 février 2025, Erick CROIZÉ.